Une brebis, une pièce d’argent, un enfant

J’ai failli ne pas écrire ce post et après l’avoir fait je voulais le supprimer.

J’ai tendance à trop réfléchir parfois (overthink) et c’est ce qui s’est passé ici : est-ce que les gens vont bien comprendre ce que je veux dire? J’ai aussi l’impression que c’est un peu une leçon d’humilité. En fin de compte, j’ai ressenti quelque chose d’inattendu et cela m’a pris par surprise. Un des éléments important du processus de guérison de mon de mon âme est de me permettre de ressentir des choses et de survivre pour en parler.

Survivre pour en parler! Ça fait un peu dramatique.

Si vous êtes comme moi, vous savez à quel point il est parfois difficile de ressentir des choses à un niveau profond, et quand vous le faites, vous ne savez pas toujours quoi en faire ! Parfois, je suis émue pendant une chanson ou en réfléchissant à certaines choses, et une larme se forme dans le coin de mon œil et commence à descendre lentement le long de ma joue. Je suis toujours pris par surprise quand ça arrive et je deviens toujours un peu excité!

Puis quelque chose se produit.

La première pensée est « ça fait du bien ».

La deuxième pensée est « est-ce que je peux rester ici un peu? ».

La troisième pensée est  » oh merde, je suis passé de l’émotion à la réflexion sur le fait que je ressens quelque chose et maintenant cette larme a fait son chemin et il n’y en a plus ! S’il vous plaît revenez ».

Quelques secondes plus tard et c’est fini.

Bon, ce post ne parle pas de tristesse et de larmes. Je suis désolé. Il s’agit de permettre à notre cœur/âme/esprit (quel que soit le nom que vous donnez à votre lieu intérieur) d’être touché de manière inattendue et de laisser ce moment nous parler et faire son truc.

Viens-en au fait Georges! Ok, très bien. Ce moment particulier a commencé par une histoire. L’histoire d’une brebis. Vous pouvez peut-être ressentir ma lenteur à taper sur mon clavier et mon hésitation à évoquer des images de la brebis et du bon berger. Il y a là des associations avec lesquelles je ne suis toujours pas à l’aise. C’est pourquoi j’ai également inclus dans le titre, la pièce de monnaie et l’enfant. Deux histoires qui suivent celle de la brebis. Elles soulignent le même point que l’histoire de la brebis et, très franchement, je les préfère.

Mais c’est l’histoire de la brebis qui a déclenché ce moment spécifique. Donc, même si j’aimerais me concentrer sur l’histoire de la pièce de monnaie et de l’enfant, je vais m’en tenir au mouton pour le moment.

Tout ceci est lié à mon dernier post et à tout ce qui s’est passé pour moi ces dernières années, plus précisément l’année dernière et, plus près encore, les 5-6 derniers mois.

Il y a quelques semaines, j’ai décidé de retourner à l’église. Je n’y étais pas allé depuis plus de deux ans. Je peux blâmer la COVID pour cela, mais j’étais heureux de cette excuse. Pendant les deux années précédentes, même lorsque j’allais à l’église, je ne m’assoyais pas dans l’auditorium. Je n’arrivais plus a connecter à la musique et j’avais l’impression que les enseignements tombaient à plat (désolé). Au lieu de cela, je restais dans le foyer et je discutais avec d’autres personnes qui y traînaient. Cela me semblais plus vrai.

Georges, qu’est-ce que les moutons ont à voir avec ça? Accouche, qu’on baptise!

Ok, ok.

Alors je suis assis là dans la salle et quelqu’un mentionne l’histoire trouvée dans Luc 15 au sujet du berger qui a 100 brebis. L’une des brebis s’égare, perd son chemin et le berger laisse les 99 autres pour aller retrouver la 1.

Ce n’était pas la première fois que j’entendais cette histoire. C’est un classique dans les milieux chrétiens. Je l’avais prêchée ou mentionnée de multiples fois lorsque j’étais pasteur et même plus jeune lorsque j’enseignais à l’école du dimanche et que je dirigeais le groupe de jeunesse. Cette histoire et les deux qui suivent, la pièce de monnaie et l’enfant prodigue, sont des histoires puissantes.

Contexte : Jésus enseigne, comme il le faisait souvent. Nous lisons que les collecteurs d’impôts et les pécheurs se sont rassemblés près de lui pour l’écouter. Remarquez comment les collecteurs d’impôts sont inclus ici avec les pécheurs! Le terme « pécheur » est utilisé au sens large et, dans le contexte, il désigne toute personne dont la vie ne correspond pas à la norme morale des pharisiens. J’en suis un. Les Pharisiens et les Scribes se plaignaient. Ils s’énervaient du fait que Jésus aimait accueillir, fréquenter, manger et faire la fête avec ces pécheurs! Les Pharisiens étaient toujours en train de râler et n’étaient surtout pas impressionnés par Jésus (plus à ce sujet dans un autre post).

J’avais toujours enseigné cette histoire du point de vue des 99 brebis; « nous avons un bon berger prêt à faire ce qu’il faut pour aller chercher une brebis perdue », et du point de vue de l’enseignant de la Bible, je demandais parfois à l’auditoire une sorte de « êtes vous une brebis perdue? Avez-vous perdu votre chemin? ».

Alors que j’étais assis et que cette histoire était brièvement mentionnée, je me suis vu comme la brebis qui avait perdue son chemin et je me suis senti aimé. C’était étrange et ce sentiment m’a accompagné tout au long de la journée. Au début, j’ai essayé d’éviter les pensées et les sentiments que l’histoire avait éveillés. Honnêtement, ma pensée dominante était : pas question d’être touché par cette histoire. Je ne crois plus vraiment en cela. D’ailleurs, je ne partagerais pas ceci avec quelqu’un. Ils pourraient s’énerver et dire des choses comme « oui, Dieu a répondu à nos prières et il est de retour au bercail ». Je grimace encore un peu quand je pense à ça. Puis, je dois me demander pourquoi. Pourquoi est-ce si humiliant pour moi d’avoir été touché par quelque chose dans la bible? Pourquoi est-ce bizarre pour toi et pourquoi en aurais-tu honte? Ça n’a pas besoin de signifier autre chose que ce que c’est. Tu étais là, tu écoutais et réfléchissais puis quelque chose t’a touché.

Ok, je peux vivre avec ça.

Je n’ai rien dit à mon épouse jusqu’au lendemain soir quand nous sommes allés prendre une marche, et même là, j’ai failli ne rien dire. J’ai aussi failli ne rien écrire mais nous voilà, encore un de ces post que l’on commence sans vraiment savoir où il va aboutir.

Avec tout ce qui s’est passé depuis de nombreuses années maintenant et surtout ces derniers mois, je marchais sans trop savoir où je me dirigeais. Par compte, pendant ce temps j’ai vu des choses intéressantes, fait des découvertes importantes qui resteront avec moi, exploré différentes régions du « pays » et je pense que je suis devenu une meilleur brebis à force de marcher. Des pates plus fortes. Mais je crois tout de même qu’une partie de moi se sentait malgré tout toujours un peu perdue. Ce dimanche là, en entendant l’histoire et en repensant aux événements de ces derniers mois, je me suis sentie retrouvée.

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