Reconsidérer notre position sur la femme dans l’église

Le milieu chrétien évangélique a longtemps soutenu une distinction marquée entre les femmes et les hommes — Les hommes étant les chefs de la société, de la famille et de l’église, alors qu’on s’attendait des femmes qu’elles se soumettent à leur père ou à leur mari et n’exercent point d’autorité sur un homme. Notamment il ne leur était pas permis d’être prêtres, pasteures, ou prédicatrices devant un auditoire mixte.

Par contre, avec les changements encourus dans la société (comme le droit de vote donné aux femmes, leurs entrées sur le marché du travail, l’accès à la propriété et le partage plus égalitaire des tâches familiales entre les hommes et femmes), l’église se voit confrontée à de nouvelles questions. Est-ce qu’il y a quelque chose qui distingue tellement les hommes et femmes que leurs rôles se doivent d’être ainsi séparés et définis ? Est-ce que l’homme a un rôle prioritaire de leadership dans la famille ou est-ce que Christ nous appelle à la soumission mutuelle ? Est-ce que les femmes peuvent exercer un rôle de direction dans  une église ? Ou est-ce interdit par les Écritures ? Les chrétiens réfléchissent de plus en plus sur les rôles des hommes et des femmes dans l’église, au sein de la famille et dans la société.

Mon expérience comme femme dans l’église

Ma position sur cette question a certainement évolué au cours de ma vie. Avant mon adolescence je n’y pensais pas vraiment. Ma famille a passé du temps dans une église de l’Armée du Salut qui accueillait le leadership et les dons des femmes. Je me souviens que ma mère avait prêché à au moins une occasion dans cette église. Mais ma famille me semblait plutôt traditionnelle ; mon père partait travailler, alors que ma mère me semblait être toujours à la maison. (Bien qu’elle était très impliquée bénévolement pour notre église et l’organisme chrétien pour lequel mes deux parents travaillaient, je ne m’en rendais pas compte à l’époque.)

Par contre, durant mon adolescence, dans une nouvelle église plus conservatrice, j’ai commencé à me rendre compte qu’il n’y avait que des hommes qui étaient anciens à l’église. Il n’y avait aussi que des hommes qui prêchaient ou dirigeaient la louange. De l’autre côté, les femmes semblaient s’occuper d’enseigner aux enfants, de la confection et la vente artisanales pour lever des fonds, le ménage… Des rôles bien distincts et traditionnels comme on dit.

À l’intérieur de moi ça me révoltait. Il était évident pour moi que le rôle des hommes dans ce milieu était supérieur ; tout était permis aux hommes, alors que plusieurs choses étaient interdites aux femmes. Je demandais alors à Dieu qu’est-ce qu’il y avait de brisé et de défectueux en moi et dans les femmes en général. Pourquoi ne pouvaient-ils pas nous utiliser de la même manière que les hommes pour le servir ? Je rejetais la féminité traditionnelle et je me disais que j’aurais préféré être un garçon ; comme tellement de filles se sentent quand elles sont jeunes, incluant ma mère.

Découvertes bibliques

C’était cependant ce que la Bible semblait enseigner : « Je ne permets pas à une femme d’enseigner, ni de prendre autorité sur l’homme. Qu’elle garde plutôt une attitude paisible » (1 Tim 2.12, BDS). Tout de même j’avais une certaine réserve et je me disais qu’un jour j’étudierais plus la question. J’avais de la difficulté à croire qu’on avait un Dieu qui priorisait un sexe sur l’autre. Ce n’est qu’une fois mes études terminées que j’ai pris le temps de me pencher sur la question. J’ai lu des dizaines de livres d’égalitariens et de complémentariens sur ce sujet, en regardant moi-même la totalité des Écritures pour trouver la position qui me semblait la plus cohérente et fidèle à l’évangile.

J’ai été surprise par ce que j’ai découvert, car je suis finalement arrivé à la conclusion que le témoignage général de la Bible en était un de mutualité entre les hommes et les femmes et que Dieu ne limite pas le ministère des femmes ou des hommes à cause de leur sexe. J’arrive à cette conclusion à cause de plusieurs principes généraux. En voici juste quelques-uns.

Tout d’abord, la Bible commence par dire que tous les humains sont faits à l’image de Dieu, qu’ils soient mâles ou femelles. De plus, les hommes et les femmes ont été donnés la responsabilité égale de dominer sur la terre et de se procréer (Gn 1.26-28). Ce n’est pas les hommes qui dominent sur la terre alors que les femmes s’occupent de la procréation et des enfants. Ces deux mandats doivent être accomplis par les hommes et les femmes qui collaborent ensemble (Gn 2.18). Aucun rôle d’autorité sur la femme est donné à l’homme dans ce passage qui est le fondement de notre croyance en l’égalité des hommes et des femmes comme étant faits en l’image de Dieu.

Ensuite, il y a le principe biblique général que Dieu ne discrimine pas selon l’apparence extérieure d’une personne (1 Sam 16.7  ; Ac 10.34  ; Ac 15.5-11  ; Rm 2.11). Dans la famille de Dieu il n’y a pas plus de distinctions entre les hommes et les femmes que de distinctions entre les différentes races ou classes sociales (Gal 3.28). Il serait absurde d’interdire à une personne noire d’être pasteur ou prédicateur à cause de la couleur de sa peau ; mais on se permet d’empêcher les femmes de le faire car elles n’ont pas les bons organes génitaux.  Je crois aussi que Dieu distribue les dons comme il le veut et il n’y a pas de membres inférieurs ou dispensables dans la famille de Dieu (1 Co 12.4-31). En disant aux femmes qu’elles ne peuvent pas être pasteurs, prédicateurs ou exercer d’autres rôles encore à cause de leurs attributs sexuels, nous les traitons comme des membres inférieurs qui ont moins à contribuer. Quand nous interdisons certains ministères aux femmes, nous supposons aussi que Dieu ne donne pas aux femmes les mêmes dons qu’il donne aux hommes, alors que la Bible n’affirme jamais cela.

En dernier lieu, nous avons plusieurs exemples bibliques de femmes qui vont à l’encontre de l’idée que les femmes ne doivent pas enseigner aux hommes ou être pasteures/anciens dans l’église. Les femmes prophétisaient dès le commencement de l’Église au 1er siècle (Actes 2.16-18 ; Ac 21.9  ; 1 Co 11.5.) Prophétiser est l’acte de proclamer le message de Dieu, un rôle de première importance dans l’église (1 Co 12.28). Alors pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas prêcher ou enseigner ? Priscille n’a-t-elle pas enseigné à Apollos pour corriger les lacunes dans l’évangile qu’il proclamait et cela à Éphèse, ville où Timothée se trouve lorsque Paul lui envoie la première épitre pastorale à Timothée (Ac 18.24-26 ; 1 Tim 1.3)? Il y avait même au moins une femme apôtre (Rom 16.7), donc pourquoi pas une femme pasteure ? Les femmes étaient aussi les premières à recevoir le message de la résurrection de Jésus, et les premières à répandre la bonne nouvelle à leurs frères (Mc16.9-10  ; Jn 20.17-18 ; Lc 24.9-11). Si Christ a confié le message le plus important de l’histoire de l’humanité à des femmes, pourquoi Dieu maintiendrait-il que les femmes ne peuvent pas enseigner aux hommes ?

Oui il y a des passages difficiles comme 1 Tim 2.12 ou 1 Co 14.34-35, mais la façon dont on interprète ses passages doit respecter le message central des Écritures. Pour explorer ce sujet en plus de détail je vous invite à visiter mon blogue à herheartforgod.com.

Pour terminer, si nous voulons vivre selon les Écritures, nous devons réfléchir sur le rôle de la femme en communauté ; en invitant l’Esprit à diriger nos pensées alors que nous étudions la Parole et prions ensemble pour discerner sa perspective sur la question. Car si ce n’est pas le désir de Dieu de limiter le don des femmes à des sphères particuliers nous en sortons tous perdant. Les femmes sont différentes des hommes, certes ; raison de plus de croire que les femmes ont quelque chose d’important à contribuer à l’église, côte à côte avec les hommes. En négligeant les dons des femmes nous risquons d’éteindre l’Esprit (1 Th 5.19). Arrêtons de mettre un bâton dans les roues des femmes désireuses de servir Dieu car nous sommes en manque d’ouvriers.

« La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. » Luc10.2

Article écrit par Lisa Montgomery qui sera avec nous, ainsi que sa mère Anne-Marie, dans l’épisode 9 du podcast Terrain Neutre (disponible le mardi 24 mai)

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